1

25/11/2025

Locataire face à l’humidité : que dit la loi ?


L’humidité dans un logement n’est jamais un simple désagrément. Quand les murs noircissent, que les odeurs persistantes s’installent et que la condensation devient quotidienne, c’est souvent le signe d’un problème plus profond. Et lorsque nous sommes locataires, ces situations peuvent rapidement devenir source d’inquiétude. Au-delà de l’inconfort, l’humidité peut entraîner des risques pour la santé, fragiliser la structure du logement et provoquer des conflits avec le propriétaire si rien n’est fait.

Nous devons savoir que vivre dans un environnement humide n’est pas normal. La loi impose que tout logement loué respecte des critères stricts de décence. Cela signifie qu’il doit être protégé contre les infiltrations et offrir des conditions permettant de vivre sainement. Comprendre ce que dit réellement la réglementation nous aide à identifier nos droits, mais aussi à savoir dans quelles limites nos responsabilités s’étendent.

Dans cet article, nous faisons le point sur le cadre légal qui encadre l’humidité dans un logement loué, les obligations du bailleur, celles qui nous incombent et les démarches à entreprendre lorsque la situation ne s’améliore pas. Nous verrons comment faire reconnaître un logement humide comme non conforme, quels recours exercer et comment faire valoir nos droits lorsque la santé ou la sécurité du logement est en jeu.

Humidité dans un logement : reconnaître les signes et évaluer la situation

 

Signes courants d’humidité : moisissures, odeurs et parois froides

Quand l’humidité s’installe dans un logement, elle laisse toujours des indices. Nous le voyons d’abord à travers les taches sombres qui apparaissent au pied des murs, autour des fenêtres ou derrière les meubles. Ces moisissures indiquent souvent que l’air intérieur ne se renouvelle pas assez ou que l’isolation ne joue plus son rôle. À cela s’ajoutent les odeurs persistantes, ce parfum de renfermé qui revient même après avoir bien aéré. Les murs froids au toucher, la condensation sur les vitres au réveil ou encore la peinture qui cloque sont aussi des signaux à ne pas prendre à la légère. Dans certains logements, nous pouvons même observer des remontées capillaires, ces traces qui progressent lentement depuis le sol lorsque l’humidité remonte par les parois. À partir du moment où ces signes se répètent, il devient essentiel d’évaluer la situation avec sérieux.

 

Impact de l’humidité sur la santé et la salubrité du logement

Un habitat humide n’affecte pas seulement le confort quotidien, il peut aussi peser sur la santé. Nous savons que les moisissures libèrent des spores qui irritent les voies respiratoires et peuvent déclencher des allergies ou des crises d’asthme. Les enfants, les personnes âgées et celles déjà fragilisées y sont particulièrement sensibles. Plus l’humidité progresse, plus le logement perd en salubrité : structures fragilisées, matériaux qui se dégradent, température intérieure difficile à stabiliser. Avec le temps, les pièces deviennent plus difficiles à chauffer, ce qui entraîne une consommation énergétique plus élevée et un environnement propice au développement de champignons. C’est précisément pour éviter ce type de situation que des règles strictes encadrent les logements mis en location.

 

Critères légaux d’un logement décent : ce que la loi française impose

La loi française est claire : un logement loué doit être décent, ce qui inclut l’absence d’humidité excessive. Le texte impose que le bien soit protégé contre les infiltrations et qu’il permette d’assurer une ventilation suffisante. Nous devons pouvoir vivre dans un espace sain, exempt de risques pour la santé. Les parois doivent être étanches, le système d’aération efficace et les installations en état de fonctionnement. Si l’humidité résulte d’un défaut structurel, le logement ne respecte plus les critères légaux fixés par les règlements en vigueur. Cette non-conformité peut justifier une intervention rapide du bailleur, la réalisation de travaux ou même l’ouverture d’une procédure si la situation met réellement en danger les occupants.

 

Obligations du bailleur face à un problème d’humidité dans un logement loué

 

Le principe du logement décent et étanche selon la loi

Un propriétaire a l’obligation de proposer un logement qui respecte les critères de décence. Cela inclut une exigence claire : le bien doit être suffisamment étanche pour protéger les occupants contre les infiltrations et l’humidité excessive. Nous devons pouvoir vivre dans un environnement sain, où l’air circule correctement et où les parois ne laissent pas passer l’eau ou le froid. Si l’humidité s’installe en raison d’un défaut du bâtiment, le logement ne répond plus aux normes imposées par la réglementation. Dans ce cas, il revient au bailleur de prendre les mesures nécessaires pour rétablir des conditions de vie conformes. L’obligation ne porte pas seulement sur le confort, mais aussi sur la sécurité et la santé des locataires.

 

Humidité liée à un défaut de construction ou à une isolation défaillante

Lorsque l’origine de l’humidité provient d’un problème structurel, la responsabilité du propriétaire est pleinement engagée. Un mur poreux, un manque d’isolation, une toiture qui laisse passer l’eau ou des fondations qui favorisent les remontées capillaires sont autant de causes qui relèvent du bailleur. Dans ces situations, nous n’avons pas à supporter les conséquences d’un bâtiment mal entretenu ou mal conçu. Ce type d’humidité ne dépend pas de l’usage que nous faisons du logement, mais d’un défaut initial ou d’un manque d’entretien du gros œuvre. Le propriétaire doit donc identifier précisément l’origine du problème, faire intervenir les professionnels compétents et corriger ce qui doit l’être. Tant que ces travaux ne sont pas réalisés, le logement reste non conforme.

 

Travaux à la charge du propriétaire pour éliminer l’humidité

Dès lors qu’un problème d’humidité découle de causes structurelles, le bailleur doit prendre en charge l’intégralité des travaux nécessaires. Cela peut aller du simple traitement d’un mur à la reprise complète de l’isolation d’une façade, en passant par la réparation d’une toiture ou l’amélioration du système de ventilation. Nous n’avons pas à avancer les frais ni à compenser les défauts du bâtiment par une aération permanente ou un chauffage renforcé. La loi impose au propriétaire d’agir rapidement pour éviter que l’humidité ne s’aggrave et ne détériore davantage le logement. En cas d’inaction prolongée, le bailleur s’expose même à des recours, notamment une mise en demeure, une diminution du loyer ou l’obligation d’effectuer les travaux par décision de justice.

 

Responsabilités du locataire face à l’humidité : ce que la réglementation impose

 

Entretien courant du logement : aération régulière et chauffage minimal

Même si l’humidité provient souvent d’un défaut du bâtiment, nous avons tout de même une part de responsabilité dans l’entretien quotidien du logement. La réglementation précise que nous devons assurer une aération correcte des pièces, ouvrir les fenêtres lorsque c’est possible et veiller à ce que l’air circule suffisamment. Un logement fermé en permanence accumule la vapeur d’eau produite par les douches, la cuisine ou le séchage du linge. Nous devons aussi maintenir un chauffage minimal, surtout en hiver, car un intérieur trop froid favorise la condensation sur les murs et les vitres. Ce n’est pas une obligation de maintenir une température élevée, mais plutôt d’éviter des écarts trop importants, en particulier dans les pièces les plus humides. En respectant ces gestes simples, nous prévenons une partie des problèmes d’humidité liés à l’usage du logement.

 

Humidité causée par le comportement du locataire : quand la responsabilité nous incombe

Il arrive que l’humidité soit directement liée aux habitudes de vie des occupants. Un séchage de linge excessif dans un espace non ventilé, une hotte non utilisée lors de la cuisson, ou encore l’obstruction volontaire des grilles d’aération peuvent provoquer un taux d’humidité anormal. Dans ce type de situation, la responsabilité n’est plus celle du bailleur. Si nous empêchons le bon fonctionnement du système de ventilation ou si nous ne chauffons pas suffisamment le logement malgré une installation conforme, les traces de moisissures ou les infiltrations d’air humide peuvent nous être imputées. La loi considère alors que l’humidité ne découle pas d’un défaut structurel mais d’un usage inadapté du logement. En cas de dégradation causée par ce comportement, le propriétaire peut demander des réparations ou retenir une partie du dépôt de garantie.

 

Ce que le locataire doit prouver lors d’un litige lié à l’humidité

Lorsqu’un désaccord survient avec le bailleur, nous devons être en mesure de démontrer que nous avons rempli nos obligations. Cela passe par la preuve que nous avons correctement aéré, chauffé et entretenu les équipements mis à disposition. Conserver des photos régulières de l’évolution de l’humidité, noter les périodes de condensation excessive ou faire constater la situation par un tiers peut faire la différence. Nous pouvons aussi argumenter que les problèmes apparaissent même en respectant les gestes d’entretien, ce qui renvoie alors la responsabilité vers le propriétaire. Plus nous documentons la situation, plus il devient simple de distinguer l’humidité liée à un défaut du bâtiment de celle provoquée par l’usage du logement. Cette étape est essentielle pour éviter que la faute ne nous soit injustement attribuée et pour obtenir, si nécessaire, une intervention ou des travaux adaptés.

 

Les démarches à suivre en cas d’humidité dans un logement

 

Prévenir le propriétaire par écrit

Dès que nous remarquons des signes d’humidité, la première étape consiste à informer le propriétaire par écrit. Envoyer une lettre recommandée avec accusé de réception ou un email détaillé permet de conserver une trace officielle de notre démarche. Il est important de décrire précisément les problèmes rencontrés : présence de moisissures, condensation excessive, odeurs persistantes ou taches d’humidité sur les murs. Cette étape n’est pas seulement une formalité, elle engage le propriétaire et déclenche ses obligations légales pour intervenir rapidement.

 

Faire constater le problème : photos, expert, huissier

Pour appuyer notre demande, nous devons documenter l’humidité de manière concrète. Prendre des photos régulières des zones touchées, noter les dates et l’évolution du problème ou faire appel à un expert ou un huissier pour un constat officiel renforce notre dossier. Ces preuves sont essentielles si le conflit s’envenime ou si le propriétaire tarde à agir. Elles permettent de prouver que l’humidité n’est pas liée à notre usage du logement, mais à un défaut structurel ou un manque d’entretien du bâtiment.

 

Délais de réponse et obligations du bailleur

Une fois prévenu, le propriétaire doit réagir dans un délai raisonnable. La loi impose qu’il prenne les mesures nécessaires pour traiter l’humidité et garantir un logement décent. Cela peut passer par des travaux, l’intervention d’un professionnel ou une réparation ponctuelle selon l’origine du problème. Tant que l’intervention n’a pas eu lieu, nous pouvons rappeler nos droits, insister sur l’urgence ou, si besoin, solliciter l’aide d’une commission départementale de conciliation. Agir rapidement et conserver toutes les preuves permet de protéger nos droits et d’obtenir une solution efficace.

Actualités